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dimanche 23 février 2014

13-15/02/14 - Phnom Penh


Phnom Penh est la capitale du Cambodge. Elle n'a pas très bonne réputation en ce qui concerne la sécurité. Nous ne l'avons pas ressenti. La seule chose qui nous a un peu dérangé, ce sont les (très) jeunes Cambodgiennes assises à l'extérieur des bars qui attendent les touristes friqués. Sinon, c'est une capitale qui est assez calme, avec peu de gratte-ciel et où on peut se retrouver facilement.

C'est à Phnom Penh qu'on a l'occasion d'avoir d'amples explications sur la bien triste (récente) histoire du Cambodge. Le premier jour, nous sommes partis en tuk-tuk vers l'ancienne plus grande école de la capitale, devenue la fameuse prison S-21, devenue un musée aujourd'hui.





Pour faire bref, entre 1975 et 1979, un quart de la population du Cambodge a été torturée et tuée sous le régime des Khmers rouges. Les victimes étaient des personnes qualifiées, instruites, car pour Pol Pot, le peuple nouveau, celui avec lequel il pouvait commencer à créer la vie dont il rêvait, était celui qui travaillait les terres. Tous les autres devaient disparaître. Certains ont essayé de se faire passer pour des paysans, mais après un certain moment, Pol Pot était devenu complètement parano et soupçonnait tout le monde d'être contre lui. Il faisait donc emmener des familles entières dans les prisons et les torturait jusqu'à ce qu'elles avouent leurs fautes. Ces personnes étaient innocentes mais sous la torture, si elles survivaient, finissaient par inventer n'importe quoi afin d'en finir.

Les deux choses qui nous ont le plus interpellé sont: 
- Tout ça a eu lieu très peu avant notre naissance, c'est donc récent!
- Ils tuaient des familles entières, enfants et bébés compris, afin qu'ils ne se vengent pas plus tard.

Au musée, il y avait les photos des prisonniers, comme à Auschwitz. Il y avait également des peintures qu'un prisonnier a réalisé pendant sa détention, illustrant les différentes techniques de torture, c'était horrible: on leur arrachait les ongles puis on leur versait de l'alcool sur les doigts, on leur coupait les tétons avec des tenailles, etc ... Ce peintre a survécu grâce à son rôle de peintre justement, il est décédé l'année dernière. Seules 6 autres personnes ont survécu dans cette prison. Les autres, si elles ne mouraient pas de faim, de fatigue durant le travail ou de douleur pendant la torture, étaient envoyées au champs d'exécution de Choueng Ek, à 17 km de Phnom Penh. En 4 ans, plus de 3 millions de Cambodgiens ont été tués par d'autres Cambodgiens, obligés d'agir de la sorte, sinon c'était leur propre mort qu'ils signaient. Avant cela, le pays a connu d'autres évènements où des centaines de milliers de personnes ont perdu la vie. Aujourd'hui, quand on se promène au Cambodge, il y a très peu de personnes âgées. Et celles que vous rencontrez ont peut-être survécu car elles faisaient partie des tueurs.

A Choueng Ek, dans l'ancien verger qui a été transformé en champs d'exécution, un stupa a été érigé en mémoire des victimes du régime des Khmers rouges. A l'intérieur, 17 étages de restes humains. Les crânes sont regroupés d'après la façon dont les personnes ont été tuées, les coups et trous sur l'os permettant de le comprendre.




Tous les ossements n'ont pas encore été retrouvés, ils remontent à la surface petit à petit lors de la saison des pluies. Les fosses ont quand même été plus ou moins délimitées par des barrières en bois sur lesquelles les touristes laissent un bracelet comme on déposerait des fleurs sur une tombe chez nous.



Le pire: l'arbre de la mort. On prenait les bébés par les pieds et on leur fracassait le crâne sur cet arbre. Juste à côté, une fosse où ont été retrouvés uniquement des ossements de bébés et de femmes nues. Ce détail est peu être insignifiant pour nous, mais ici, c'est une vraie humiliation pour une femme de la déshabiller. Même pour se baigner dans la mer, elles gardent leur vêtements.


J'ai la gorge serrée en écrivant cet article, même si plus d'une semaine s'est écoulée depuis notre visite. C'est dégoûtant, révoltant, inadmissible. Pour clôturer ce sujet, je vous laisse méditer sur les magnifiques citations de Pol Pot:

"A garder mes ennemis en vie, je n'ai rien à gagner. A les tuer, je n'ai rien à perdre.", "Il vaut mieux tuer un innocent qu'épargner un ennemi", ou encore, "Il ne suffit pas de couper la mauvaise herbe, il faut aussi détruire les racines", les enfants, donc.

Le deuxième jour, nous sommes partis à pied pour visiter le temple "Phnom" et pour faire un tour sur le marché central.





Ce sont des offrandes que vous voyez sur la table. Une chose est sûre, Bouddha ne risque pas de mourir de faim!





Nous avons terminé notre visite de Phnom Penh par un spectacle, un opéra cambodgien. C'était très bien fait, il y avait la traduction en anglais projetée sur un écran pour les touristes.













Puis retour à pied jusqu'à la guesthouse.




Le lendemain, nous partons pour Chi Pat, un village perdu dans la nature.

A+

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Toccante reportage di una drammatica realtà. Ed, infine, una nota di colore e cultura locale.
Bellissimo. Complimenti Sarah.
Pa e ma